Homélie du 2e février 2017 pour la Fête de la Présentation du Seigneur

Abbaye d’Acey, jeudi 2 février 2017

Fête de la Présentation du Seigneur – 2017

Malachie 3, 1-4                                Luc 2, 22-40                                                              Homélie de P. Jean‑Marc

 

 De même qu’une petite flamme peut devenir un immense incendie, ainsi Jésus, Lumière du monde, répand son feu toujours plus loin, toujours plus profond jusqu’à nos cœurs de croyants, jusqu’au plus secret de nos vies afin de les enflammer du feu de son Amour.

Et, aujourd’hui, ce Feu gagne le Temple de Jérusalem, expression la plus haute et la plus parfaite  de la foi du Peuple  de Dieu, de sa relation à son Seigneur. Feu qui vient tout purifier et renouveler (l’Alliance, la loi, les promesses, le culte, les sacrifices, le sacerdoce...), réalisant ainsi ce que le prophète Malachie annonçait depuis si longtemps : « Soudain  viendra dans son Temple le Messager de l’Alliance que vous désirez (...) Il est pareil au feu du fondeur, pareil à la lessive des blanchisseurs. Il purifiera les croyants et les affinera comme l’or et l’argent afin qu’ils puissent en toute sainteté présenter leur offrande au Seigneur. »

Le roi Hérode avait bien perçu le danger que représentait l’Enfant de Bethléem. Car cet Enfant ne laisse rien indemne : « Il enlève les péchés du peuple » — « Il libère ceux qui, par crainte de la mort, passent toute leur vie dans une situation d’esclave. »

Même si n’en avons guère conscience, notre condition de pécheurs nous met dans l’incapacité radicale d’échapper à l’emprise du mal : « Je fais le mal que je ne voudrais pas, et je  ne fais pas le bien que je voudrais. » se lamente St Paul. Cette incapacité  (que  d’ailleurs nous avons tant de peine à reconnaître et à accepter) nous place les uns et les autres sous la condamnation de cette même Loi qui proclame “maudit” quiconque la transgresse, même de manière minime.

Par contre Jésus est le seul humain, parfaitement saint et juste, capable d’accomplir la Loi de Dieu. St Paul, dans sa lettre aux Galates, l’exprime très bien : le  Christ,  en venant partager notre condition humaine, a pris sur lui tout le poids des observances de la Loi promulguée par Moïse. « Il s’est fait malédiction pour nous. » Cela explique la curieuse insistance de l’Evangile de ce jour qui, à 5 reprises, nous dit, au sujet de l’enfant Jésus et de ses parents, qu’ils ont accompli toutes les prescriptions de la  Loi  du Seigneur.

Oui, Jésus a pris sur lui toutes nos fautes et leurs conséquences afin de « faire de nous un peuple ardent à faire le bien, capable de le servir dans la justice et la sainteté, tout au long de nos jours. » Un peuple qui vive dans la liberté et la ferveur de l’Esprit Saint.

Voilà vraiment la Bonne-Nouvelle, l’extraordinaire libération apportée par le Seigneur Jésus non seulement à ceux qui le connaissent mais encore à toute l’humanité. Immense et bienheureuse lumière répandue par l’Enfant sur notre monde : nous  sommes tous aimés par Dieu. Nous sommes tous ses enfants bien-aimés. Alors, pour rencontrer cet Amour et en vivre, il n’est besoin ni de techniques exigeantes, ni de sacrifices coûteux ! Il s’agit seulement  d’accepter de se faire tout petit et de s’en remettre, dans une confiance radicale, inébranlable, à notre Frère, le Seigneur Jésus. Il nous fera vivre alors de son Esprit de paix, de pardon, de prière et de service.

Syméon, dont toute la longue vie ne fut que désir de Dieu, découvre  émerveillé l’Enfant de la Promesse : « Maintenant, ô Maître, tu peux laisser s’en aller ton serviteur dans la paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut que tu as préparé à la face de tous les peuples. »

A notre tour reprenons cette jubilation de Syméon, non pour  hâter l’heure de notre mort, mais pour vivre dès maintenant, et de plus en plus intensément, jusqu’à l’heure de notre mort, de l’amour de Jésus.

 

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