Homélie pour le 14ème dimanche ordinaire – Année A – 2017 par Dom Jean-Marc

Abbaye Notre-Dame d’Acey, dimanche 9 juillet 2017

14ème dimanche ordinaire – Année  A – 2017

 

Zacharie 9, 9-10         Romains 8, 9.11-13        Matthieu 11, 25-30                Homélie de F. Jean-Marc

 

Cet évangile que nous venons d’entendre est vraiment une « Bonne Nouvelle ». Non pas de ces “bonnes nouvelles” que la publicité et les médias nous font miroiter pour exciter notre désir et nous pousser à consommer davantage – ce qui ne comblera jamais notre soif de vrai bonheur – mais « La Bonne Nouvelle » qui seule est en mesure de changer en profondeur nos existences alors que nous avons tant de mal à bien les assumer.

Cette Bonne Nouvelle ne va certes pas modifier comme par magie nos conditions de vie, ou supprimer de nos existences les épreuves et les peines. Mais elle peut éclairer nos chemins humains et nous ouvrir à une liberté et à une paix du cœur que le monde est bien incapable de nous offrir.

Alors, en quoi consiste cette Bonne Nouvelle qui fait exulter de joie Jésus lui-même ?… C’est de nous révéler la relation qui existe entre lui, Jésus, et Dieu.

Oui, il existe entre Jésus et Celui qu’il nomme son « Père » une relation intime tellement unique que nulle autre créature humaine, aussi sainte fut-elle, n’a pu et ne pourra connaître. Car Jésus est vraiment le Fils Bien-aimé du Père. Ainsi l’avons-nous entendu dire, il y a un instant : « Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. » (Mt 11, 27)

Déclaration étonnante et déconcertante, dont on ne retrouve nulle part ailleurs l’équivalent dans ce que nous appelons “les Evangiles synoptiques” (Matthieu, Marc et Luc), mais qui par contre sera centrale chez Saint Jean. Pensons, entre autres, aux mots très forts en Jean 14, 6 : « Je suis le chemin, la vérité, la vie. Personne ne va au Père sans passer par moi. »

De telles affirmations de la part de Jésus ne peuvent, par leur radicalité, que scandaliser les grands esprits qui n’acceptent que ce qui relève de nos logiques humaines et taxent d’absurdité ou de naïveté aliénante toute démarche croyante.

Mais pour nous chrétiens, qui avons été baptisés dans la mort et la résurrection de Jésus, et qui le confessons comme le Sauveur du monde, en qui est présent la plénitude de la divinité, l’appel que Jésus nous adresse est une formidable source de force et d’espérance : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug et devenez mes disciples car je suis doux et humble de cœur et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

Cette référence au “joug”, difficilement compréhensible aujourd’hui dans nos sociétés occidentales mécanisées, est pourtant très parlante lorsqu’on sait de quoi il s’agit. Car de même que l’on plaçait le joug (pièce de bois) sur la tête de deux bêtes de somme pour constituer un attelage, Jésus nous invite à faire attelage avec lui.

J’ai toujours gardé en mémoire les conseils de mon maître des novices à propos de cette image du joug : Jésus, me disait-il, t’invite à vivre ta vie avec lui. Mais si, dans le cas de deux bœufs, chaque bête doit fournir une part égale d’effort, avec Jésus il n’en va pas de même. C’est lui, Jésus, qui portera l’essentiel de la charge et, comme il l’affirme lui-même, rendra ton fardeau léger… à condition que, quoi qu’il advienne, tu veuilles bien demeurer avec lui et marcher au pas des inspirations de son Esprit.

Je pense ici aux confidences d’une malade en fin de vie, pourtant broyée par la souffrance : Notre devoir le plus impérieux est de ne jamais lâcher sa main. Grâce à Lui je sortirai vivante du plus sombre des labyrinthes. Et d’ajouter : Quand je laisse paisiblement se dérouler ma vie avec lui, le plus saisissant est que rien, vraiment rien ne m’y apparaît vain ou regrettable.

Alors, Frères et Sœurs, ne nous laissons pas emprisonner dans cette part de nous-mêmes qui est vouée à la mort. Suivons Jésus ! Ou plutôt, quoi qu’il advienne, faisons attelage avec lui ! Nourrissons-nous de sa Parole et du Pain de son Eucharistie : il est « le Chemin, la Vérité et la Vie. » 

 

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