Homélie pour le 3ème dimanche de carême 2018 par Dom Jean-Marc

3ème dimanche de carême 2018

Messe du 1er scrutin pour les catéchumènes de Besançon

Lectures de l’année A

 

Exode 17, 3-7              Romains 5, 1…8            Jean 4, 5-42                  Homélie du P. Abbé Jean-Marc

 

Ainsi donc Jésus, fatigué par la route, s’est assis près du puits. C’est alors qu’à la femme qui vient puiser de l’eau Jésus dit : « Donne-moi à boire. »

« Donne-moi à boire. » Comment ne pas penser ici au cri que Jésus poussera sur la croix avant d’expirer : « J’ai soif. » ?

Tout l’Évangile s’inscrit entre ces deux appels de Jésus : « Donne-moi à boire. » – « J’ai soif. »

Jésus, notre bien-aimé Seigneur et Sauveur a soif, non pas de l’eau de nos sources, mais soif de notre amour pour se donner à nous, pour vivre avec nous, en nous. Et ce cri, cet appel qu’il adresse personnellement à chacun de nous, c’est le cri, l’appel du Dieu d’amour qui retentit au cœur de l’humanité depuis les origines et qui retentira jusqu’à la consommation des siècles.

Car Dieu, notre Créateur et notre Père, n’a d’autre désir, d’autre soif, que de nous partager sa Vie la plus intime, que de communier avec nous dans une étreinte d’amour et de joie. L’Amour a soif de notre amour.

C’est bien pourquoi l’Évangile de la Samaritaine, qui vient d’être proclamé, est important à entendre, tout particulièrement pour vous les catéchumènes qui vous préparez au baptême et vivez en ce dimanche une des dernières étapes avant votre grande plongée dans les eaux de la grâce. Car ce qui est au cœur de votre démarche, comme au cœur de la vie de tout baptisé, c’est l’aventure de la FOI. La foi qui  nous engage à tout miser sur Dieu, à Lui faire une confiance absolue, inébranlable, quoi qu’il advienne. Puisque, comme nous le disait Saint Paul dans la seconde lecture « l’amour de Dieu a été répandu en au cœur par l’Esprit Saint qui nous a été donné ».

Car notre vie chrétienne ne consiste pas d’abord à faire des choses pour Dieu  (prières, célébrations, engagements concrets pour les autres sont certes très utiles et même indispensables), mais à vivre en relation d’amour avec notre Dieu, Père plein de tendresse et de miséricorde, qui a soif de se donner à nous et qui souffre, bien plus que nous, de nos errances et de nos chutes car il ne peut se résoudre à ce qu’un seul de ses enfants se perde.

« Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit “Donne-moi à boire”, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. »

Notre Dieu a soif de se donner à nous pour nous combler de sa Vie et de son Amour. Je pense ici à ce que Jésus disait un jour à la grande mystique Catherine de Sienne : « Fais-toi capacité. Je me ferai torrent. »

Mais nous sommes tellement préoccupés de demander à Dieu des grâces et des secours que nous ne percevons pas sa propre demande et n’entendons pas ce qu’il désire ardemment nous donner.

J’aime beaucoup ce qu’un cardinal vietnamien (qui subit prison et tortures pour le Christ) disait à un jeune qui l’interrogeait sur ce que Dieu voulait qu’il fasse pour lui : « Dieu n’exige rien de toi. Il ne te demande qu’une chose : que tu te laisses aimer par lui. »

Oui, le Seigneur n’a pas de désir plus intense que de faire sa demeure en nous et de nous combler de sa vivifiante présence : « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. » (Ap. 3, 20)

Frères et sœurs catéchumènes, alors que tant de nos contemporains cherchent à étancher leurs soifs (soif d’aimer et d’être aimés, soif de réussite, soif de plénitude) à des sources frelatées, décevantes, vous avez trouvé la Source d’Eau vive, Jésus le Seigneur, qui seul est en mesure de combler nos cœurs assoiffés d’amour.

Voilà notre espérance ! Une espérance dont Saint Paul nous a dit dans la seconde lecture de cette messe : « qu’elle ne trompe pas puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné. »