Homélie du 3ème Dimanche de Pâques 2018 – B par Dom Jean-Marc

N‑D d’Acey,  dimanche 15 avril 2018

Eucharistie du 3ème Dimanche de Pâques 2018 – B

 

Actes 3, 13… 19                    I Jean 2, 1-5a                  Luc 24, 35-48                              Homélie de P. Jean-Marc

 

Les dimanches du temps Pascal se suivent… et se ressemblent.

À travers la diversité des récits évangéliques – récits de témoins – nous sommes confrontés à la réalité de la résurrection de Jésus.

C’est le cœur de la foi de l’Église, de notre foi. Voilà pourquoi il importe de toujours y revenir, d’autant plus que c’est une réalité nouvelle bien difficile à intégrer.

Dimanche dernier, en l’évangile de Saint Jean, nous avions l’épisode de Thomas l’incrédule, refusant de croire au témoignage des autres disciples, mais confessant finalement de manière admirable la divinité de Jésus : « Mon Seigneur et mon Dieu. »

Aujourd’hui, en Saint Luc, nous avons la suite de l’épisode des Pèlerins d’Emmaüs. Ces deux disciples qui, après avoir cheminé tristes et désemparés, découvrent bouleversés que celui qui les a rejoints sur la route, leur a interprété les prophètes et leur a partagé le pain, est bien Jésus lui-même, condamné et crucifié : «  Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? » Ils l’ont alors tellement bien reconnu qu’ils sont retournés précipitamment à Jérusalem où, avant même de pouvoir partager leurs découverte, ils entendent les onze apôtres et leurs compagnons leur dirent : « Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon Pierre. »

Et l’étonnant, c’est qu’alors qu’ils sont en train de parler de leur rencontre avec Jésus, ils sont maintenant incapables de le reconnaître alors qu’il se tient au milieu d’eux. Ils le prennent pour un fantôme.

Ainsi, ce qui ressort de tous les récits qui relatent les événements après la résurrection du Christ, c’est la difficulté des disciples, voire même leur extrême résistance, à intégrer la réalité nouvelle de la résurrection de Jésus.

Que Jésus soit mort sur la croix : c’est un fait difficilement contestable, d’autant plus que la plupart des disciples, d’une manière ou d’une autre, même s’ils n’étaient pas auprès de Jésus, ont été témoins du drame.

Par contre que Jésus soit vivant : voilà une affirmation qui glisse sur nous sans que nous parvenions réellement à la faire nôtre.

Comme nous avons bonne volonté, nous ne contestons pas ce que l’Église nous  dit de croire, mais sans que cela influe sur nos vies et nos comportements.

« D’accord ! Jésus est ressuscité ! Il est vivant. » Et après ?… Qu’est-ce que ça change. Il est vrai que les athées ont beau jeu de souligner que rien effectivement n’a réellement changé dans notre monde marqué de tant d’injustices et de violences, de drames et de tragédies. Et avec tout ça… les scandales dans l’Église, et une pratique religieuse qui ne touche plus que le petit nombre !…

Notre Évangile de ce jour insiste sur le réel du Ressuscité. Il n’est pas une illusion, un mythe, la projection de nos fantasmes : « Saisis de frayeur et de crainte les disciples croyaient voir un esprit. Jésus leur dit : “Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ? Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai.” »

Si les manifestations de Jésus aux apôtres et aux disciples de la première heure ont eu un vrai impact sur eux, il n’en va pas de même pour nous qui ne pouvons que nous appuyer sur leur témoignage : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! »

Mais se pose alors la question : qu’est-ce qui nous permet d’adhérer à ces témoignages ? Et encore : pourquoi certains y adhèrent, y trouvent une vraie plénitude, et d’autres non ?

Il est bien difficile de répondre ! Mais il est certain que ce ne sont pas les arguments ni la cohérence des discours qui nous font croire ! Seul l’Esprit Saint, l’Esprit de Jésus ressuscité, répandu dans nos cœurs, peut nous faire accéder à une  : « Je m’en vais, mais je ne vous laisserai pas orphelins. » — « Je vous donnerai un autre défenseur : l’Esprit de vérité qui vous conduira à la vérité toute entière. »

 

« Sans te voir nous croyons, sans te voir nous croyons et nous exultons. »

 

« À vous d’en être les témoins »  A nous d’en être les témoins !